Cette comédie, la plus charmante et la plus drôle d'Ernst Lubitsch, se penche sur les moeurs européennes. Greta Garbo y tient un de ses rares rôles comiques. Nous sommes à Paris, dans les années vingt. Le gouvernement soviétique tente de récupérer les joyaux inestimables que la Grande-Duchesse Swana a emporté en exil. Trois bureaucrates empotés, séduit par le luxe et la liberté de la société occidentale, échouent dans leur mission. Ninotchka (Greta Garbo) est chargée à son tour de récupérer le trésor en traitant avec l'amant de la Grande-Duchesse, le beau et doux Léon (Melvyn Gouglas).
Ninotchka met enfin la main sur les joyaux, mais elle doit rentrer à Moscou er rompre avec Léon qui ne tarde pas à la suivre en Russie. Bien qu'ils soient amoureux l'un de l'autre, elle refuse de trahir son pays, et Léon doit faire appel à un subterfuge pour la faire venir à Istambul, où il la retrouve et la convainc de l'épouser. Ernst Lubitsch ne prend guère au sérieux les thèmes politiques abordés ici, mais ils servent de toile de fond aux numéros comiques qui se succèdent sans répit. (Le plus mémorable est la tentative de Ninotchka, dans un élégant night-club parisien, de convaincre les employées des toilettes des dames pour se mettre en grève.) Melvyn Douglas est parfait dans le rôle de Léon, l'amoureux qui ne se refuse rien. Mais Ninotchka est le film de Greta Garbo, et de persone d'autre. Ce sera d'ailleurs son dernier grand rôle à l'écran.